Une nouvelle révolution américaine? N’y comptez pas

1776English abstract
The American Revolution – The Sequel
“Those of us outside of the US watch it like Americans watch TV,” writes Jeff Thomas in a recent article. “It’s like a slow-motion car wreck that we observe almost daily, eager to see what’s going to happen next. We criticize the madness of it all, yet we can’t take our eyes off the unfolding drama. It has all the excitement of a blockbuster movie.” Unfortunately, Thomas contends that there are some “really bad news for those who hope that the US could start over as the free nation it was in its infancy.” I would add that the last time Americans attempted a Second Revolution it ended in the senseless bloodbath know as the American “Civil” War. Read full article on Casey Research‘s INTERNATIONAL MAN.


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Révolution américaine – la suite

Par Jeff Thomas  | Casey Research INTERNATIONAL MAN

Traduit de l’américain par Henri Thibodeau RiderInBlack

Les États-Unis sont le pays le plus observé dans le monde. Puisqu’il s’agit de l’empire mondial contemporain (et qu’il entame son agonie comme empire), c’est fascinant à contempler.

Ceux d’entre nous qui habitent à l’extérieur des États-Unis les observent comme les Américains regardent la télévision. C’est comme un accident de voiture au ralenti que nous observons presque tous les jours, impatients de voir la suite. Nous critiquons la folie de tout cela, mais nous ne pouvons pas détourner notre regard du drame qui se déroule sous nos yeux — il exerce la même fascination qu’un film à succès.

  • La dette nationale est, de loin, la plus élevée de n’importe quel pays dans l’histoire.
  • Le système économique est un château de cartes qui se fragilise encore plus chaque jour.
  • Le gouvernement est embourbé par la progression du collectivisme et un fascisme qui engourdit le progrès.
  • Le gouvernement poursuit agressivement la création de l’état policier le plus organisé au monde.
  • La majorité de la population s’est transformée en consommateurs gaspilleurs et dépensiers qui espèrent avec apathie que leur gouvernement pourra solutionner leurs problèmes.
  • Les médias déforment systématiquement les événements internationaux, poussant les citoyens à accepter que l’invasion continue de plusieurs autres pays est une politique essentielle.
  • Les candidats à la présidence les plus populaires (dans les deux partis) sont les candidats les plus égocentriques, des m’as-tu-vu hors de contrôle qui prêchent une rhétorique provocatrice plutôt que de proposer de véritables solutions.

Pourtant, la plupart des Américains conservent l’espoir que, d’une manière ou d’une autre, les choses finiront par s’arranger.

L’espoir est un désir, pas un plan

Un nombre croissant d’Américains ont admis que les États-Unis se désagrègent rapidement et se dirigent vers un effondrement social, économique et politique d’une forme ou d’une autre. Certains parlent d’une nouvelle révolution (qu’ils espèrent pacifique, à la « Tea Party »). Certains s’imaginent que, s’ils peuvent stocker assez d’armes et de munitions dans leurs maisons, ils pourraient tenir tête aux autorités gouvernementales. D’autres contemplent l’idée d’une sécession organisée par certains États. Un petit nombre, en progression constante, s’expatrie tranquillement vers des destinations plus prometteuses.

Sauf pour le dernier, la plupart de ces « espoirs » sont compréhensibles, mais toute tentative de « Deuxième Révolution américaine » a peu de chances de réussir.

Pourquoi? Eh bien, pour commencer…

  • Le pouvoir de l’État américain est beaucoup plus grand que celui du roi George III à la fin du XVIIIe siècle.
  • L’État américain actuel se battrait sur son propre terrain, et non pas sur un quelconque continent à des milliers de kilomètres par-delà les mers.
  • L’État américain est convaincu que la notion de sécession a été définitivement (et pour toujours) réglée entre 1861 et 1865 [Guerre de Sécession].

Toutefois, aux fins de la discussion, supposons qu’une rupture de l’union, ou le retrait et le remplacement complet du gouvernement actuel était possible aux États-Unis — qu’adviendrait-il par la suite?

Et bien malheureusement, il y a de très mauvaises nouvelles pour ceux qui espèrent que les États-Unis pourraient recommencer à zéro comme la nation libre qu’elle était dans son enfance :

  • À la fin du XVIIIe siècle, l’Amérique était un assemblage de colonies largement agraires. Les colons devaient travailler dur pour survivre, donc l’éthique du travail et l’autonomie étaient des caractéristiques essentielles de ces colons. Ils formaient un peuple courageux, habitués à subvenir à leurs propres besoins et à résister physiquement aux agresseurs.
  • Les colons ne recevaient pas de largesses significatives du gouvernement britannique ou des autorités locales : pas d’assistance ni de sécurité sociale, pas d’assurance maladie — aucun avantage d’aucune sorte.
  • Les colons prenaient leurs propres décisions quotidiennes. Ils n’avaient pas d’écoles publiques ou de médias leur disant quoi penser ou quoi faire. Ils s’appuyaient sur le bon sens et l’autodétermination pour guider leurs décisions et leurs actions.

Aujourd’hui, bien sûr, le contraire est vrai. Moins de 2 % des Américains sont actifs dans l’agriculture. À peine 9 % œuvrent effectivement dans la production de biens. Ils sont rarement directement impliqués dans leur propre protection physique (la plupart, sinon tous les combats surviennent à l’étranger et sont effectués par des entrepreneurs de la défense ou ceux qui s’inscrivent volontairement dans l’armée).

La plupart des Américains reçoivent de leur gouvernement des prestations d’un type ou un autre. La plupart des bénéficiaires considèrent ces avantages comme « essentiels » et ne pourraient pas s’en sortir sans eux.

La plupart des Américains reçoivent leurs opinions des médias. Bien que ce ne soit pas évident pour beaucoup d’Américains, cela est irréfutable pour ceux qui habitent à l’extérieur des États-Unis et qui ne peuvent que secouer la tête devant la désinformation offerte par les médias des États-Unis et l’acceptation d’emblée de cette « réalité alternative » par de nombreux Américains.

Alors, quel est le rapport entre tout cela et l’avenir qui attendrait les Américains s’ils devenaient suffisamment déterminés pour supprimer l’ensemble de leur gouvernement ou, autre possibilité, pour que certains États fassent sécession?

Il y a eu beaucoup de révolutions dans l’histoire du monde, pacifiques ou non. Dans le cas de la Révolution américaine de 1776, les colons eux-mêmes étaient largement autonomes en tant que peuple et possédaient l’éthos idéal pour réussir en tant que pays productif. Mais cela a rarement été le cas dans l’histoire. Chaque fois que des gens ont été fortement tributaires de l’État d’une façon ou d’une autre, ils avaient pris l’habitude de recevoir des largesses aux dépens des autres. Ceci est un facteur majeur, majeur. Un tel groupe est extrêmement peu susceptible de produire ou d’élire un [George] Washington ou un [Thomas] Jefferson. Au contraire, ils choisissent presque toujours de se ranger derrière quelqu’un qui promet des largesses de l’État. En choisissant de tels dirigeants, les gens sont plus susceptibles de recevoir un Robespierre ou un Lénine. Hors de la poêle et dans le feu.

La difficulté omniprésente réside ainsi dans le concept erroné qu’il peut y avoir un retour à la liberté tout en maintenant la dépendance à l’égard des largesses de l’État. Les deux notions sont mutuellement exclusives. Ceux qui cherchent un retour à une plus grande liberté doivent aussi accepter que « la liberté pour tous » signifie la fin de l’État habilité à voler une personne afin de donner à une autre.

Autrement dit, comme l’a déclaré Frédéric Bastiat au milieu du XIXe siècle, « l’État, c’est la grande fiction par laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

Que les États-Unis poursuivent leur progression actuelle vers le déclin, ou qu’ils se libèrent dans une tentative vers une plus grande liberté, le résultat final est susceptible de refléter l’état d’esprit collectiviste de la majorité plutôt que la vision libertaire de quelques-uns.


Jeff Thomas est un citoyen britannique résidant dans les Caraïbes. Fils d’un économiste et historien, il a appris très tôt comme principe général à être méfiant des gouvernements. Bien qu’il ait consacré sa carrière à créer et développer des entreprises pendant huit ans, il a rédigé une rubrique hebdomadaire sur le thème du gouvernement limité. Il a entamé ses études en économie vers 1990, d’abord auprès de Sir John Templeton, puis Harry Schulz et Doug Casey, et plus tard d’autres tenants de l’école de pensée autrichienne.


Notes du traducteur

  • Les ajouts entre [crochets] sont de moi.
  • Intertitres, caractères gras et italiques selon l’original.

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