Comment reconnaître les sociopathes qui mènent le monde?

English abstract
Doug Casey Shines a Light on the Sociopaths in Politics
Doug-CaseyPolitical elites are primarily, and sometimes exclusively, composed of sociopaths”,  Doug Casey writes in this recent article. “It’s not just that they aren’t normal human beings. They’re barely even human, a separate subspecies, differentiated by their psychological qualities. A normal human can mate with them spiritually and psychologically about as fruitfully as a modern human could mate physically with a Neanderthal; it can be done, but the results will be problematical.” Click here to read the rest of Doug Casey’s article.

Doug Casey fait la lumière sur les sociopathes en politique

Par Doug Casey | Casey Research International Man | 29 janvier 2016

Traduit de l’américain par Henri Thibodeau RiderInBlack

Je peux identifier sept caractéristiques qui définissent ce qu’est un sociopathe, même si je suis sûr que la liste pourrait être rallongée :

Jack Nicholson - Shining

  1. Les sociopathes n’ont aucune conscience et sont incapables de véritables regrets quand ils blessent des gens. Bien qu’ils prétendent le contraire.
  2. Les sociopathes placent leurs désirs et leurs exigences à un niveau tout à fait différent des autres personnes. Leurs besoins sont incommensurables. Ils croient fermement que leurs fins justifient leurs moyens. Bien qu’ils prétendent le contraire.
  3. Les sociopathes se considèrent comme supérieurs à quiconque, parce qu’ils ne sont pas accablés par les émotions et le sens moral qu’ont les autres — ils sont au-dessus de tout cela. Ils sont arrogants. Bien qu’ils prétendent le contraire.
  4. Les sociopathes n’acceptent jamais la moindre responsabilité quand les choses tournent mal, même s’ils sont responsables de presque tout ce qui va mal. Vous n’entendrez jamais d’excuses sincères de leur part.
  5. Les sociopathes ont une notion asymétrique du droit de propriété. Ce qui leur appartient leur appartient, et ce qui vous appartient leur appartient également. Ils défendent donc l’inflation monétaire et la taxation comme de bonnes choses.
  6. Les sociopathes frappent généralement la mauvaise cible. S’ils égarent leur portefeuille, ils frappent le chien. Si seize Saoudiens lancent des avions contre des édifices, ils attaquent l’Afghanistan.
  7. Les sociopathes font le trafic des nouvelles alarmantes, ils adorent répandre des rumeurs pernicieuses, et ils falsifient les informations en vue de nuire.

Difficiles à repérer

Le fait qu’ils sont des menteurs chroniques, très convaincants, et même enthousiastes, qui croient souvent leurs propres mensonges, signifie qu’ils ne sont pas faciles à repérer, parce que les gens normaux présument naturellement qu’une autre personne dit la vérité. Snidely WhiplashIl est rare qu’ils arborent une moustache de guidon ou qu’on les entende glousser comme Snidely Whiplash [personnage d’une bande dessinée américaine]. Au contraire, ils cultivent un vernis social ou un masque d’équilibre psychologique qui détourne les soupçons. Vous pouvez compter sur eux pour être « politiquement correct » en public. Comment un député ou un sénateur qui soutient ardemment les organismes de bienfaisance pourrait-il être un mauvais gars? Comment quelqu’un qui prétend qu’il veut simplement que les États-Unis défendent une certaine minorité étrangère pourrait-il être un fauteur de guerre? Ils sont experts dans l’utilisation de façades pour déguiser la réalité, et ils ne ressentent aucune culpabilité à cet égard.

Les élites politiques sont principalement, voire exclusivement, composées de sociopathes. Ce n’est pas simplement qu’il ne s’agit pas d’êtres humains normaux. Ils sont à peine humains, une sous-espèce distincte, différenciée par leurs caractéristiques psychologiques. Un être humain normal peut s’accoupler avec eux spirituellement et psychologiquement de manière à peu près aussi fructueuse qu’un homme moderne pourrait s’accoupler physiquement avec un homme de Neandertal; c’est possible, mais les résultats seront problématiques.

C’est un problème sérieux quand une société devient hautement politisée, comme cela est actuellement le cas aux États-Unis et en Europe. En temps normal, un sociopathe passe sous le radar. Il commettra peut-être un crime de droit commun quand il pense qu’il passera inaperçu, mais les mœurs sociales le contraignent. Cependant, une fois que le gouvernement cesse de protéger le citoyen contre la force et commence à employer la force par l’entremise des lois et des impôts, ces mœurs sociales se désagrègent. La pression des pairs, l’approbation sociale, et l’opprobre moral, ces forces qui maintiennent l’ordre dans une société saine, sont remplacées par des règlements appliqués par les flics et financés par les impôts. Les sociopathes sentent cela, ils commencent à sortir l’ombre, et ils sont attirés vers l’État, ses administrations et ses organismes de réglementation, où ils peuvent obtenir une accréditation et être payés pour faire ce qu’ils ont toujours voulu faire.

C’est très simple, vraiment. Les rapports entre les gens peuvent se faire deux manières : volontaire ou coercitive. Le gouvernement est la coercition à l’état pur, et les sociopathes sont attirés par sa puissance et sa force.

Pourquoi les citoyens américains sont subjugués

La majorité des Américains acceptera la situation pour deux raisons : premièrement, ils n’ont pas d’ancrage philosophique pour les empêcher de s’échouer sur les rochers. Ils n’ont plus de véritables convictions fondamentales, et la plupart de leurs opinions — par exemple, « Nous avons besoin d’un régime national de soins de santé »; « Nos braves soldats doivent combattre le mal là-bas pour que nous n’ayons pas à le combattre ici »; « Les riches devraient payer leur juste part » — ne sont que des slogans réactionnaires et rassurants. L’entière raison d’être des doreurs d’image [spin doctors] est de produire des extraits sonores rassurants qui ne sont pas confrontés à la réalité. Et, deuxièmement, ils sont devenus trop choyés et à l’aise, une nation de perdants suralimentés, des parasites et des profiteurs qui apprécient le statu quo sans se demander combien de temps cela peut éventuellement durer.

house of cardsIl est absurde de déblatérer sur le pays de la liberté et le foyer des braves quand la télé-réalité et les émeutes dans les Walmart sont beaucoup plus proches de la vérité. La majorité des Américains sont, bien sûr, à l’origine de la pourriture — les candidats à la présidentielle dépensent des millions pour prendre leur pouls dans les enquêtes et les sondages, pour ensuite leur régurgiter ce qu’ils semblent vouloir entendre. Une fois qu’un pays achète l’idée qu’un cadre de vie privilégié supérieur à la moyenne représente le minimum à qui chacun a droit, lorsque quelques privilégiés peuvent faire pression pour obtenir leur part du gâteau tandis qu’ils extraient par la force la richesse des autres, ce pays est sur le déclin. Le lobbying et la taxation remplacent la production et l’innovation comme modus vivendi national; les parasites sont incapables de soutenir la prospérité. La richesse ainsi pressurée a pris des siècles à produire, mais elle n’est pas inépuisable.

Je soupçonne que la plupart de ceux qui lisent ceci ont tendance à voter républicain. Les républicains disent qu’ils croient en la liberté économique (ce n’est pas le cas), et ils ne croient certainement pas en la liberté sociale. Par rapport aux démocrates, ils sont considérés (à juste titre) comme des hypocrites. Au moins, les démocrates sont honnêtes en admettant ne pas aimer la liberté économique. Les candidats républicains sont à la fois risibles et pathologiques — cela n’a aucune importance si Trump, Cruz, ou Rubio obtient la nomination. Ils sont tous tellement affreux et embarrassants que j’ai même entendu dire qu’ils pensent recycler Mitt Romney, un costume vide, à peine mieux que le candidat républicain précédent, le belliqueux et légèrement dément John McCain.

classe-moyenneTous les candidats dénoncent les classes supérieures, disent qu’ils aiment ce qui reste de la classe moyenne, et veulent répandre encore plus de largesses sur le prolétariat.

Les gens glissent généralement dans une classe économique en raison de leur psychologie et de leurs valeurs. Chacune des trois classes a un profil psychologique caractéristique. Pour la classe inférieure, c’est l’apathie. Ils n’ont rien, ils sont abattus, et ils se foutent de tout. Ils ne sont pas dans le jeu, et ils ne feront rien; ils sont résignés à leur sort. Pour la classe supérieure, c’est la cupidité et l’arrogance. Ils ont tout, et ils pensent qu’ils le méritent — que ce soit le cas ou non. La classe moyenne, au moins dans le monde d’aujourd’hui, est menée par la peur. La peur d’être seulement à une paie de glisser dans la classe inférieure. La peur de ne pas pouvoir payer leurs dettes ou emprunter encore plus. La peur de n’avoir aucune perspective réaliste d’améliorer leur sort.

Le problème est que la peur est une émotion négative, dangereuse et potentiellement explosive. Elle peut facilement se transformer en colère et en violence. Impossible de prévoir exactement où cela conduira, mais ce ne sera rien de bon. Un facteur qui aggrave la situation, c’est que les trois classes comptent maintenant sur le gouvernement, mais de façon différente. La faillite du gouvernement les affectera tous de façon drastique.

Les sociopathes étant aux commandes, nous pourrions très bien voir l’expérience de Milgram répétée à l’échelle nationale. Dans cette expérience, vous vous en souvenez peut-être, les chercheurs avaient demandé à des membres du public de torturer des sujets (qui, à l’insu des personnes recrutées, étaient des acteurs rémunérés) avec des décharges électriques, jusqu’à ce qu’ils croyaient être des doses létales. La plupart d’entre eux ont fait ce qu’on leur demandait, une fois rassurés par des hommes en position d’autorité que ce qu’ils faisaient était « correct » et « nécessaire ». Les hommes [et les femmes] aujourd’hui en position d’autorité sont pour la plupart des sociopathes.

QUE FAIRE

Une question pratique à laquelle il est utile de réfléchir, c’est comment vous, en tant qu’individu ayant des valeurs libertaires, allez vous en sortir dans un avenir de plus en plus contrôlé par des sociopathes. Je dirais plutôt mal, à moins de prendre des mesures pour vous isoler. Il en est ainsi étant donné la façon dont presque toutes les créatures sont programmées par la nature. Elles ont toutes un impératif commun : survivre! Les gens veulent de toute évidence y parvenir en tant qu’individus. Et comme familles. En fait, ils veulent que tous les groupes dont ils sont membres survivent, tout simplement parce que (toutes choses étant égales par ailleurs) cela devrait les aider à survivre en tant qu’individus. Ainsi, chaque Marine veut que le Corps des Marines survive. Les membres du Club des Rotarys veulent que leur club prospère. Les catholiques prennent individuellement la défense de l’Église de Rome.

Bad Harzburg, Jubelnde NSDAP-AnhängerVoilà pourquoi, pris individuellement, des Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale ont été, comme on l’a affirmé, des « bourreaux volontaires » — ils soutenaient le Reich pour les mêmes raisons que les Marines, les Rotariens et les catholiques soutiennent leurs groupes. Mais encore plus fermement, parce que le Reich était attaqué de tous les côtés. Alors, bien sûr, ils ont suivi les ordres et dénoncé leurs voisins qui semblaient moins enthousiastes. Ne pas soutenir le Reich, même s’ils savaient qu’il avait certains aspects plutôt peu ragoutants, semblait une invitation aux armées d’invasion à venir violer leurs filles, voler leurs biens, et probablement les tuer. Alors, bien sûr, les Allemands ont serré les rangs autour de leurs leaders, même si tous ceux qui étaient aux échelons supérieurs étaient des sociopathes. Vous pouvez vous attendre à ce que les Américains fassent de même.

Les Américains l’ont fait par le passé, alors que le pays était beaucoup moins dégradé. Au cours de la guerre entre les États [Guerre de Sécession], le fait de dire quelque chose contre la guerre était une infraction pénale. La même chose était vraie pendant la Première Guerre mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais [citoyens américains d’origine japonaise] ont tous été mis dans des camps de concentration pour des allégations de déloyauté sans fondement autre que la race. Pendant les premières années de la Guerre froide, le maccarthysme était endémique. scared-cartoon-chickenLes exemples sont légion chez les humains, et les États-Unis n’ont jamais fait exception. C’est même vrai chez les poulets. Si un oiseau a une plume mal placée, les autres vont le picorer jusqu’à ce qu’il finisse par mourir. Cette plume mal placée est perçue comme un emblème de différence annonçant que son propriétaire ne fait pas partie du groupe. Le poulet « autre » droit mourir.

Temps difficiles pour les libre-penseurs

Les libertaires, qui ont tendance à être plus intelligents, mieux informés, et très certainement plus indépendants que la moyenne, vont se retrouver dans une situation délicate quand la crise s’intensifiera. La plupart d’entre eux n’adhéreront pas à la pensée de groupe qui accompagne inévitablement la guerre et d’autres crises majeures. Par conséquent, ils seront considérés comme peu fiables, voire des traîtres. Comme l’a dit [le président] Bush, « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous ». Et, il aurait pu ajouter « au diable la Constitution! » Mais, évidemment, ce document n’est même plus respecté du bout des lèvres; il est maintenant entièrement lettre morte.

Il est très difficile pour un individualiste de garder la bouche fermée quand il voit ce qui se passe. Mais il ferait mieux de se taire, comme H. L. Mencken l’a lui-même judicieusement fait pendant les deux guerres mondiales. Dans le monde d’aujourd’hui, il ne sera pas suffisant de simplement garder son calme; l’État de sécurité nationale dispose d’un vaste et grandissant fichier sur tout le monde. watchingIls croient savoir exactement quels sont ou quels peuvent être vos croyances, vos désirs, vos peurs et vos associations. La situation à laquelle nous faisons maintenant face est susceptible d’être plus dangereuse que les crises antérieures. Si vous êtes sage, vous déménagerez dans un endroit où vous serez un genre d’étranger, et par vertu de ce fait jouirez d’une mesure d’excentricité dans vos opinions. Voilà pourquoi je passe de plus en plus de temps en Amérique latine. En vérité, cependant, la sécurité sera difficile à trouver dans les années à venir. Le mieux que vous puissiez espérer est de faire pencher la balance en votre faveur.

La meilleure façon de le faire est de diversifier vos actifs à l’échelle internationale. Impartissez votre richesse dans des actifs réels. Associez-vous à des gens sains d’esprit qui partagent vos valeurs. Et demeurez à l’affût des spéculations à haut potentiel qui surgissent inévitablement pendant les périodes de chaos.■

Notes du traducteur

  • Les ajouts entre [crochets] sont de moi.
  • J’ai ajouté quelques intertitres
  • J’ai ajouté les illustrations.
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3 Responses to Comment reconnaître les sociopathes qui mènent le monde?

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