La guerre contre le numéraire est-elle vouée à l’échec?

English abstract
Failure of the War on Cash
no cash“Some years ago, when I suspected there would be a War on Cash at some point, everything in the behaviour of the central banks pointed to the idea—it fit exactly into their own informed, yet unrealistic, pattern of logic,” writes Jeff Thomas in a recent article. “What I didn’t anticipate at that time was that, within a few months, the War on Cash would be escalated quickly—more quickly than was safe for them to do, as it could alarm depositors. (As in the old analogy of boiling a frog, it’s always best to turn up the heat slowly, to lull the victim into complacency as he’s being done in.). Read full article on Casey Research‘s INTERNATIONAL MAN.


L’échec de la guerre contre le numéraire

Par Jeff Thomas  | Casey Research INTERNATIONAL MAN | 4 avril 2016

Traduit de l’américain par Henri Thibodeau RiderInBlack Henri’s Web Space

Il y a quelques années, lorsque j’ai commencé à soupçonner qu’une guerre contre le numéraire surviendrait à un certain point, tous les comportements des banques centrales pointaient vers cette éventualité — cela était tout à fait conforme à leur logique bien informée, bien qu’irréaliste. J’en suis donc venu à la conclusion qu’il s’agissait d’un développement tout à fait possible, et que cela surviendrait au moment où elles auraient tout essayé et seraient à court d’idées. Quant au moment où cela pourrait se produire… je n’en avais aucune idée.

Lorsque plusieurs pays ont commencé à imposer des limites sur les sommes d’argent qu’un déposant pouvait retirer, j’en ai conclu que les premières salves de la guerre contre le numéraire avaient été tirées, et j’ai commencé à publier mes prévisions quant à la forme qu’elle pourrait prendre. Premièrement, il y avait les avantages pour les banques : élimination des transactions en espèces, ce qui ferait en sorte que presque toutes les transactions monétaires, petites ou grandes, devraient passer par les banques, ce qui leur permettrait pratiquement de « posséder » les dépôts, de facturer toutes les transactions, et d’en refuser certaines. Il y aurait également des avantages pour les gouvernements. En approuvant le monopole des banques sur les transactions monétaires, le principal avantage serait la capacité de taxer les gens par prélèvement automatisé, éliminant ainsi tout vestige de paiement de taxes volontaire.

Ce que je n’avais pas prévu à l’époque, c’est que la guerre contre le numéraire serait escaladée rapidement, en l’espace de quelques mois — plus rapidement qu’il n’était prudent pour les banques de le faire, puisque cela pourrait alarmer les déposants. Comme le dit l’ancienne analogie sur la façon de faire bouillir une grenouille, il est toujours mieux d’augmenter la chaleur graduellement, pour engourdir la victime tandis qu’elle cuit…

Cela m’indiquait que les banques centrales avaient décidé qu’elles avaient déjà trop attendu, et qu’elles feraient mieux d’accélérer le programme pour s’assurer qu’il soit en place avant l’accélération d’une crise monétaire.

Depuis, quelqu’un a trouvé une excellente appellation pour ce phénomène, qui décrit succinctement la nature infâme de ce plan, comme il mérite d’être décrit — la guerre contre le numéraire (the War on Cash). Aujourd’hui, quiconque porte attention est conscient de la guerre contre le numéraire et de ses conséquences possibles pour elle ou pour lui. Tandis que chaque nouvelle salve des banques ou des gouvernements est dévoilée, des observateurs attentifs publient ces développements sur Internet.

Toutefois, il existe une autre facette de la guerre contre le numéraire que personne, à ma connaissance, n’a encore abordé. La guerre est encore jeune; par conséquent, ceux qui seront attaqués sont encore à ramasser leurs mousquets et à se diriger vers les remparts. (Les réflexions quant au déroulement de la guerre viennent généralement plus tard, lorsqu’elle tire à sa fin et qu’un vainqueur devient apparent. Toutefois, j’estime qu’il est judicieux d’étudier à quoi l’environnement ressemblera une fois la guerre terminée, puisque cela peut nous renseigner quant aux tactiques de combat à employer.)

Alors, voyons voir. D’abord, nous savons qu’en cas d’effondrement monétaire, les grandes banques prévoient utiliser leur influence politique pour s’assurer que les lois et les mesures d’urgence gouvernementales les protègent de manière à éliminer les concurrents en émergence. Nous pouvons nous attendre à voir la même chose cette fois-ci. Les petites banques fleurissent pendant les périodes de prospérité en créant de nombreuses petites succursales — comme on voit [aux États-Unis] dans les avenues et les villages commerçants. Généralement, elles n’ont qu’environ 1,000 clients par banque — à peine suffisant pour générer un profit, mais comme banques d’appoint elles peuvent compter sur la clientèle régulière de la population qui habite à proximité.

Les grandes banques ont également tendance à créer de nombreuses succursales en période de prospérité, afin de contrer la concurrence émergente; toutefois, elles n’apprécient guère devoir créer d’innombrables entités moins rentables qui gobent des fonds qui seraient autrement distribués sous forme de primes aux administrateurs. Par conséquent, lorsqu’une crise monétaire survient et que le gouvernement intervient pour aider les grandes banques, de nombreux petits concurrents font faillite, puisqu’ils ne reçoivent pas le même soutien gouvernemental. À ce moment, les édifices situés en ville demeurent en place, mais les petites banques disparaissent des avenues commerçantes. Les grandes banques en sont maintenant débarrassées. Pendant une crise bancaire, un pays retourne au système bancaire du 19e siècle en terme du nombre d’institutions existantes. Vous voulez effectuer un dépôt? Allez faire un tour en ville.

Concurremment à la guerre contre le numéraire, les guichets automatiques seront également éliminés. Toutes les transactions seront effectuées avec des cartes ou des téléphones intelligents.

En conséquence de la position déjà dangereuse des banques, nous assisterons certainement à une augmentation soutenue des frais qu’elles perçoivent pour jouir du privilège de contrôler les avoirs économiques de leurs déposants. Pire encore, nous assisterons à la confiscation pure et simple des dépôts (comme à Chypre en 2013) et à l’imposition de limites sur les sommes qu’un déposant peut retirer hebdomadairement de son compte (comme en Grèce encore actuellement). C’est à ce moment-là qu’une mouvance universelle visant à éviter le contrôle des banques prendra universellement racine. J’estime que ceci se manifestera de deux façons : du bas vers le haut, et du haut vers le bas.

Du haut vers le bas

Au moment où je rédige ces lignes, des succursales bancaires — chacune d’elles dans les petites villes — ferment déjà dans les pays « moins importants » comme la Roumanie. Cette tendance va progresser et s’étendre aux pays plus importants. Les opérations bancaires deviendront de plus en plus tracassières pour les déposants, tandis qu’il sera de plus en plus difficile de parler à des êtres humains à la banque. Les banques deviendront semblables à une autorité sans visage qui contrôle l’argent des déposants, et elles seront bientôt détestées. (La plupart des gens à travers le monde ont déjà appris à se méfier des banques et des banquiers; la haine manifeste ne serait pas une étape très importante à franchir.)

Du bas vers le haut

Dans les provinces de l’est du Mexique, les campesinos [paysans] évitent déjà les banques et préfèrent conserver leur argent sous le matelas, pour ainsi dire. (La province du Chiapas est pratiquement en guerre économique avec l’ouest du Mexique. Ils accordent autant de valeur au Libertad [pièce d’or ou d’argent mexicaine] que les habitants des Indes orientales en accordent à l’or.) Les Mexicains habitant plus à l’ouest considèrent leurs compatriotes de l’est comme des brutes sans culture. Toutefois, lorsqu’il deviendra apparent que les campesinos survivent mieux à la crise que leurs voisins de l’ouest, les provinces de l’ouest devront nécessairement emboîter le pas. Le Mexique sera un des premiers pays à retourner aux métaux précieux comme monnaie de base (sinon la seule), donnant l’exemple à d’autres pays.

Les pays comme la Roumanie et le Mexique agiront comme des systèmes d’alarme. Les solutions qu’ils emploieront, comme d’autres pays « marginaux », se répandront rapidement à travers le monde. Afin d’éviter le contrôle des banques, les citoyens ordinaires de l’U.E., des États-Unis et d’autres territoires « civilisés » découvriront rapidement d’autres moyens d’échange (monnaies de remplacement, métaux précieux, troc, etc.) leur permettant de nourrir leurs enfants quand les banques leur imposent des limites, et ils se tourneront vers toute forme de marché noir qui leur sera accessible.

Le Traité de Versailles

Après la Première Guerre mondiale, les vainqueurs ont décidé d’accabler les vaincus — les Allemands. Le Traité de Versailles avait un objectif impitoyable — priver l’Allemagne de toute possibilité d’un avenir prospère, pour qu’elle ne se relève jamais.

Évidemment, le contraire s’est produit. Après un effondrement économique survenu à peine cinq ans après la guerre, le peuple allemand, désespéré, a choisi de suivre un chef qui leur promettait de « refaire de l’Allemagne un grand pays ». Plus il est devenu arrogant, plus il a reçu d’appuis. L’oppression envisagée par le traité n’a pas réussi, tandis que les Allemands, dos au mur, se sont relevés pour combattre.

Je crois que la guerre contre le numéraire ne finira pas par de telles extrémités, mais que, tout comme le Traité de Versailles, elle sera interrompue par la population mondiale en raison de ses contraintes monétaires intolérables. Ce ne sera certainement pas une période de notre histoire agréable à traverser. Nombreux seront ceux qui verront leurs épargnes disparaître. Nombreux seront ceux qui souffriront de la faim. Mais la colère qui s’éveillera en eux révélera que les banques représentent le véritable ennemi dans cette tragédie, et les citoyens qui respectent actuellement les lois de leur pays finiront par tenir tête à l’ennemi. Ils se tourneront vers un système de remplacement. Historiquement, c’est ce qui s’est produit lorsque les gens ont été pressurés à ce point, et cela se répétera encore une fois.


Jeff Thomas est un citoyen britannique résidant dans les Caraïbes. Fils d’un économiste et historien, il a appris très tôt comme principe général à être méfiant des gouvernements. Bien qu’il ait consacré sa carrière à créer et développer des entreprises pendant huit ans, il a rédigé une rubrique hebdomadaire sur le thème du gouvernement limité. Il a entamé ses études en économie vers 1990, d’abord auprès de Sir John Templeton, puis Harry Schulz et Doug Casey, et plus tard d’autres tenants de l’école de pensée autrichienne.


Notes

  • Les ajouts entre [crochets] sont de moi.
  • Intertitres et italiques selon l’original.

Commentaire

BosoJe ne sais pas si Jeff Thomas pèche par optimisme ou naïveté dans ses conclusions. Oui, à un certain point, la population tentera probablement d’éviter les contraintes bancaires par d’autres moyens. Toutefois, la guerre contre le numéraire n’est qu’un des nombreux fronts de la guerre que ceux que j’appelle nos BOSOs mènent contre la population de la Terre dans leur campagne de domination mondiale, que j’ai amplement documentée sur ce site.

the-economist-get_ready_for_world_currency_by_2018La création d’une monnaie numérique universelle, parfois appelée le Phoenix, fait aussi partie de leurs plans. En outre, il ne faut pas oublier que la guerre contre le numéraire doit être envisagée dans le contexte d’une effondrement économique de toute apparence imminent, qui facilitera la mise en place de cette nouvelle monnaie numérique universelle dont ils rêvent depuis longtemps, comme en fait fois cette couverture de la revue The Economist datant du milieu des années 1980.

Personnellement, je ne crois pas que nous parviendrons à nous extraire si aisément des tentacules de cette pieuvre satanique.

Henri Thibodeau RiderInBlack

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One Response to La guerre contre le numéraire est-elle vouée à l’échec?

  1. cesar tichot says:

    Les solutions existent, elles permettent en toute légalité de se passer des banques et de l’impôt. Exemple : échanger des chèques entre client et commerçant jamais remis en banque (chèque = reconnaissance de dette tant qu’il n’est pas remis en banque). Chacun peut éditer, sur son imprimante, des reconnaissances de dette à 100 ans de 10, 20, 50 €. En tant que commerçants, collecter les tickets restaurant et autres et les échanger dans les supermarchés affiliés contre de la nourriture, c’est du chiffre d’affaires hors compta.
    Pourquoi un commerçant adhérerait-il à ce principe, pour ne pas passer à côté de ventes de ses produits? C’est aussi légal que le troc. Si aujourd’hui cela ne peut représenter que moins de 1 % du CA d’ici quelques mois cela représentera 10 % et plus des échanges.

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