Commentaire de Jeff Thomas sur la présidentielle américaine : « La route panoramique vers l’enfer »

English abstract
Jeff Thomas on “The Scenic Route to Hell”
In a recent commentary published on Doug Casey’s International Man, Jeff Thomas sums up his thoughts regarding the recent US Presidential election and what a Trump presidency might represent. “Those who supported Mister Trump are hoping that all will be right with the world in [the] future”, Mr Thomas writes. “They will be anticipating a stemming of the migration tide from Mexico and the Middle East. They’ll be hoping to see companies located in the US to increase hiring and those that have left the US due to excessive corporate tax returning. They may also be anticipating a diminished national debt and an overall return to prosperity. They will be disappointed.” I find no fault with these conclusions, which is why I am re-posting this article. Read full article on Casey Research‘s INTERNATIONAL MAN. – HT

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La route panoramique vers l’enfer

Par Jeff Thomas | Casey Research INTERNATIONAL MAN

Traduit par Henri Thibodeau RiderInBlack Henri’s Web Space

two clownsJeff Thomas tire des conclusions qui m’apparaissent très judicieuses quant aux conséquences probables de la récente élection présidentielle américaine. Même si nous pouvons tous pousser un soupir de soulagement devant le fait que le doigt frénétique de la Sorcière de l’Ouest a été écarté du bouton rouge de la frappe nucléaire, dans le fonds, rien n’a réellement changé. Le désastre est toujours à nos portes. Trump ou Clinton, bonnet blanc, blanc bonnet, c’est toujours du pareil au même. La marge est parfois floue entre cynisme et réalisme, n’est-ce pas? — HT


Je commente rarement une nouvelle particulière, puisque j’ai tendance à mettre l’accent sur le long terme. Toutefois, on m’a demandé à plusieurs reprises de commenter la récente élection présidentielle américaine et ce que signifiera la victoire de Donald Trump.

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La « Sorcière de l’Ouest » est-elle politiquement morte? On verra bien.

Évidemment, ceux qui lisent cette publication sont rarement des « libéraux » au sens moderne. Plusieurs sont conservateurs, mais la majorité est probablement formée de libertariens. Les membres de ces deux derniers groupes chantent peut-être en ce moment « Ding, dong, la sorcière est morte! » — mais ce n’est pas le cas. Madame Clinton et ses collègues mondialistes ne sont pas sur le point de s’effacer dans la nuit.

Déjà, la main puissante de George Soros est visible sur les côtes Est et Ouest des É.-U., sous la forme de grandes manifestations et, dans certains cas, d’émeutes fomentées par la foule qui scande « Pas mon président! » Il s’agit pour eux d’un revers, et non d’une défaite.

En même temps, évidemment, un groupe plus silencieux — ceux qui ont appuyé Monsieur Trump — espère que tout ira mieux dans le monde à l’avenir. Ils vont s’attendre à un endiguement de la vague d’immigration provenant du Mexique et du Moyen-Orient. Ils vont s’attendre à ce que les entreprises situées aux É.-U. se mettent à embaucher, et ils vont s’attendre au retour de celles qui ont quitté les É.-U. en raison d’impôts sur les sociétés excessifs. Ils s’attendent peut-être également à une diminution de la dette nationale et, dans l’ensemble, à un retour à la prospérité.

Ils vont être déçus.

Monsieur Trump n’a jamais été un conservateur au sens traditionnel. Il est plutôt de l’école moderne, qui se traduit approximativement par « collectivisme léger ». Sa solution au départ des entreprises n’est pas une diminution des impôts, mais des embargos commerciaux (voyez le tarif Hawley–Smoot de 1930 pour voir comment cela tournera). Il ne veut pas abolir la médecine socialisée, mais seulement se débarrasser d’Obamacare pour le remplacer par un « Obamacare léger ». (Le gouvernement demeurera aux commandes du système, et non le secteur privé).

Il soutient les programmes sociaux obligatoires comme Medicare*, Medicaid*, la sécurité sociale, etc., qui gobent 67 pour cent des dépenses gouvernementales, même s’ils ont atteint le point où ils sont non seulement non capitalisés, mais également non capitalisables.

* Régimes publics d’assurance maladie

En outre, il a promis de rebâtir l’infrastructure vieillissante du pays, d’accroître les dépenses militaires, d’intensifier la lutte contre l’État islamique, et de bombarder les champs pétroliers sous l’emprise de celui-ci.

Monsieur Trump a toutefois déclaré qu’il réduirait les impôts directs. Les mieux rémunérés paieraient 33 pour cent et l’impôt sur les sociétés tomberait à 15 pour cent. Par contre, il n’explique pas comment le manque à gagner sera comblé. Il n’indique pas non plus comment il entend gérer la flambée de la dette nationale.

Tout ce que cela nous indique, c’est qu’en dépit de l’euphorie actuelle des partisans de Monsieur Trump, les facteurs fondamentaux qui accablent l’économie américaine demeurent présents; et non seulement s’avère-t-il impossible pour lui de renverser le glissement préexistant vers l’effondrement économique, cela ne fait pas réellement partie de son programme.

Sous Monsieur Trump, les États-Unis assisteront à l’inflation du dollar américain et à l’augmentation des déficits.

En même temps, nous approchons une vague de défauts de paiements des sociétés digne des livres de records. L’énorme volume d’obligations de pacotille émises au cours des dernières années commencera à arriver à échéance en 2017. Ce sera encore plus sérieux en 2018, et encore pire en 2019. Les sociétés fortement endettées vont s’effondrer.

La datte nationale, la dette des sociétés et l’endettement personnel montent en flèche, et il n’y aura nulle part où se tourner pour obtenir une aide financière substantielle. Même s’il y aura des assouplissements quantitatifs accompagnés de confiscations des fortunes privées dans les années à venir, aucun président, libéral ou conservateur, ne peut arrêter le bulldozer de l’endettement dont nous entendons déjà le grondement dans la rue.

Tout cela ne veut pas dire que la présidence de Monsieur Trump n’aura pas certains avantages concrets. Il est susceptible d’adopter une approche moins collectiviste, avec une diminution des impôts; et, par-dessus tout, il sera moins susceptible d’entraîner les É.-U. dans une nouvelle guerre mondiale. Cela en soi est une bonne raison d’être reconnaissant pour sa victoire.

Toutefois, que quiconque ait remporté l’élection présidentielle américaine, l’effondrement des marchés, les défauts de paiements et l’effondrement monétaire étaient déjà dans la préparation à gâteau. On peut dire sans risque de se tromper que s’ils surviennent au cours des quatre années à venir, comme cela semble probable, on rejettera la faute sur le président, puisque cela se produira sous sa gouverne.

Ceci étant dit, en plus du fait que les penseurs conservateurs vieillissants sont remplacés par des collectivistes, il est fort probable que les É.-U. voient ici leur dernier président républicain. Pour ceux qui s’opposent au collectivisme, l’avenir peut sembler un peu plus prometteur après la récente élection, mais le résultat sera essentiellement le même. Au cours du voyage vers l’avenir, le paysage sera peut-être un peu plus agréable qu’il ne l’aurait été si Madame Clinton avait été élue, mais le résultat sera essentiellement le même.

Ceux qui reconnaissent ce fait ont une meilleure chance de s’en tirer que les autres. Ils disposeront d’un bref intervalle pour se préparer à l’inévitabilité des événements qui approchent.


Jeff Thomas est un citoyen britannique résidant dans les Caraïbes. Fils d’un économiste et historien, il a appris très tôt comme principe général à être méfiant des gouvernements. Bien qu’il ait consacré sa carrière à créer et développer des entreprises pendant huit ans, il a rédigé une rubrique hebdomadaire sur le thème du gouvernement limité. Il a entamé ses études en économie vers 1990, d’abord auprès de Sir John Templeton, puis Harry Schulz et Doug Casey, et plus tard d’autres tenants de l’école de pensée autrichienne.


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2 Responses to Commentaire de Jeff Thomas sur la présidentielle américaine : « La route panoramique vers l’enfer »

  1. Loup says:

    No stop signs, speed limit
    Nobody’s gonna slow me down
    Like a wheel, gonna spin it
    Nobody’s gonna mess me around
    Hey Satan, paid my dues
    Playing in a rocking band
    Hey mama, look at me
    I’m on my way to the promised land

    (Highway to Hell / ACDC)

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