Le système financier mondial est une fraude absolue

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L’Honorable Paul Hellyer (né en 1923) a été ministre de la Défense nationale et des Transport dans les cabinets libéraux de Lester B. Pearson et Pierre E. Trudeau.

Le texte qui suit est une traduction partielle d’une causerie prononcée par l’Honorable Paul Hellyer, ancien ministre canadien de la Défense nationale, lors du Congrès international d’ufologie qui a lieu à Scottsdale, en Arizona, au mois de février 2011.

Sous le thème « Fraude mondiale – espoir mondial », ce document dénonce les iniquités du système financier international.

Monsieur Hellyer a eu l’amabilité de m’autoriser à publier cette traduction partielle. Vous pouvez voir le document original (en anglais) dans cet article publié précédemment.

Remarque : J’ai ajouté quelques notes, ainsi que des intertitres pour faciliter la lecture.


Fraude mondiale – espoir mondial

Le système financier mondial est une fraude absolue. C’est une gargantuesque escroquerie à la Ponzi, à peine différente de celle utilisée par Bernie Madoff pour escroquer ses amis et voisins, et des milliers de fois pire si vous additionnez le nombre de victimes qui en ont souffert au fil d’innombrables générations.

La principale différence entre ces deux systèmes, c’est que Madoff agissait en dehors des lois, tandis que le cartel bancaire international a persuadé génération après génération de monarques, de présidents et de premiers ministres de leur fournir une protection législative pour leurs larcins.

Le système de Ponzi opéré par les banques est étonnamment simple. Elles prêtent simultanément le même argent à plusieurs personnes ou institutions tout en percevant des intérêts de chacune d’elle. Ce que les banques prêtent vraiment, cependant, c’est leur crédit, et ce qu’elles récoltent en compensation de ce privilège est une dette qui doit être remboursée avec intérêt.

Le nombre de fois où ils prêtent le même argent est appelé « effet de levier ». La pratique est aussi vieille que le monde, mais pour nos fins, nous pouvons commencer par les orfèvres de Lombard Street à Londres, en Angleterre, qui acceptaient des dépôts pour lesquels ils émettaient des certificats remboursables sur demande. Ils payaient à leurs déposants un taux d’intérêt nominal, étant entendu qu’ils pourraient prêter cet argent à d’autres clients à des taux d’intérêt plus élevés. Ils ont rapidement découvert qu’ils pouvaient prêter plus d’argent qu’ils en avaient dans leurs coffres, puisque seulement quelques déposants venaient réclamer en même temps leur or ou leur argent. C’était une escroquerie. C’était illégal. Néanmoins, ils en ont profité pendant longtemps, et l’escroquerie a été légalisée lorsque la Banque d’Angleterre a été créée pour aider le roi William à financer sa guerre. Des gens riches ont alors souscrit 1,2 million £[1] en or et argent, en tant que capital, pour fonder la banque, argent qui a ensuite été prêté au gouvernement à huit pour cent. En guise d’appréciation, le roi a permis à la banque d’imprimer 1,2 million £ en billets de banque et de les prêter à des taux d’intérêt élevés. En fait, la banque était autorisée à prêter le même argent deux fois — une fois au gouvernement, et une fois au public.

Au fil des ans, en raison de l’avarice des banques et de la complicité des politiciens, ce ratio a augmenté de façon spectaculaire. Au début du 20e siècle, les banques américaines à charte fédérale devaient conserver 25 pour cent de réserves en or. Cela signifie qu’elles étaient autorisées à prêter le même argent à quatre reprises. Je me souviens d’une époque où les banques canadiennes devaient maintenir une réserve de trésorerie de 8 pour cent. Cela signifie qu’elles étaient autorisées à prêter le même argent 12,5 fois.

Milton_Friedman

Milton Friedman (1912-2006) est considéré comme l’un des économistes les plus influents du XXe siècle

Aujourd’hui, grâce au revirement incompréhensible de Milton Friedman, qui a commencé par promouvoir un taux de réserves de 100 % avant de passer à l’extrême opposé et de promouvoir des taux de réserves de zéro pour cent, et suite à l’adoption de ses idées par les grandes banques centrales du monde, en 1974, les multiples ont augmenté de façon spectaculaire — dans certains cas, à autant que 20 pour 1 ou plus. Les banques ne conservent que les liquidités nécessaires pour répondre aux besoins quotidiens des quelques clients qui en font la demande, et par conséquent la fraude est quasi totale.

Fonctionnement du système

Le système fonctionne de cette façon : supposons que vous voulez emprunter 35 000 $ pour acheter une nouvelle voiture. Vous allez voir votre sympathique banquier pour lui demander un prêt. Il ou elle vous demandera des garanties – des actions, des obligations, une deuxième hypothèque sur votre maison ou votre chalet ou, si vous êtes incapable de fournir ces garanties, la co-signature d’un ami d’un parent plus fortuné. Lorsque les garanties sont obtenues, votre banquier vous invite à signer une note pour le montant principal, avec un taux d’intérêt convenu.

loan-shark-picLorsque la paperasse est terminée, et la note signée, votre banquier fait une entrée sur l’ordinateur de la banque et, hop, un crédit 35 000 $ apparaît dans votre compte, argent que vous pouvez utiliser pour acheter votre voiture. Le point important, c’est que quelques secondes plus tôt, cet argent n’existait pas. Il a été créé à partir de rien – pour ainsi dire.

L’équation bancaire est une espèce de comptabilité à double entrée où votre note devient un actif dans les livres de la banque, et le nouvel argent qui a été déposé dans votre compte est un passif. Le bénéfice de la banque provient de la différence entre le faible taux d’intérêt, le cas échéant, que vous recevrez sur votre dépôt si vous n’avez pas dépensé immédiatement l’argent emprunté, et le taux beaucoup plus élevé que vous serez obligé de payer sur votre note – le terme technique est « écart ».

À un certain point, cependant, vous devez payer votre note et les intérêts échus. Et non seulement vous, mais tout le monde qui a emprunté de « l’argent » auprès des banques – y compris les gouvernements qui, en passant, possèdent le droit d’imprimer de l’argent, mais qui ont agi de façon irresponsable en transférant ce droit à une élite de banquiers privés. Toute personne qui manque à ses engagements est en grande difficulté. Les individus qui manquent à leurs engagements verront les actifs donnés en garantie être saisis par la banque. Un gouvernement incapable de respecter ses engagements sera contraint d’emprunter auprès du Fonds monétaire international (F.M.I.), qui dictera ensuite au gouvernement comment gérer ses affaires, notamment en réduisant les services à la population ou en vendant des biens publics aux vautours capitalistes internationaux.

En réalité, par conséquent, les banques ont transformé le monde en une faramineuse opération de prêteur sur gages. Vous mettez au clou vos actions, vos obligations, vos biens immobiliers, votre entreprise, votre riche belle-mère ou un pays tout entier, et la banque vous accordera un prêt basé sur la valeur de cette garantie.

Catastrophes en devenir

stock_market_bubbleUn système mondial où tout l’argent est créé sous forme de dette est une catastrophe perpétuelle en devenir. C’est comme un énorme ballon que les banques gonflent entièrement de dette. Le ballon devient plus grand et plus grand jusqu’à ce que la charge de la dette devienne trop lourde à porter, et puis c’est comme un ballon dans lequel une épingle est coincée. Le système plante, et des milliers ou parfois des millions de personnes innocentes perdent leur emploi, leur maison, leur ferme ou leur entreprise.

Presque n’importe quel élève du secondaire devrait être en mesure de voir que tout système monétaire basé sur la création de dettes est complètement irrationnel. La dette mondiale totale, mathématiquement, tend toujours vers l’infini – et il n’y a aucun moyen possible de la rembourser. L’argent réel (légal) pour le faire n’existe pas. Et l’économie réelle, qui dépend sur les liquidités pour croître, passe en basse vitesse dès que s’assèche le flot du crédit monétaire.

Rien d’étonnant à ce qu’il y ait eu 25 récessions et dépressions aux États-Unis depuis 1890. Dans plusieurs cas, y compris la Grande Dépression des années 1930 et la Grande Récession actuelle, la preuve indique que la crise a été prévue par quelques initiés qui ont contribué à déclencher la catastrophe.

Dans le sillage de la Grande Dépression, le rapport du Comité sur les banques et la monnaie du Sénat américain, plus généralement connu sous le nom de Rapport Pecora sur les pratiques boursières, a indiqué que des initiés avaient bénéficié du krach. « Les chicanes juridiques et l’obscurantisme étaient les plus vigoureux alliés du banquier », a écrit Pecora dans ses mémoires. Des allégations similaires ont été révélées dans l’accablant documentaire intitulé Inside Job, de Charles Ferguson, qui traite de la crise de 2007 et 2008. Ces révélations et d’autres preuves historiques prouvent hors de tout doute que Wall Street est en grande partie pourri jusqu’à la moelle. C’est devenu comme une gigantesque meule attachée au cou des économies américaine et mondiale.

Les dommages collatéraux de la récente crise ont été stupéfiants. Le Bureau américain du Travail estime que 8,4 millions d’emplois ont été perdus uniquement aux États-Unis. La plupart des pays ont connu des pertes similairement dramatiques. La réduction de la valeur des actifs à travers le monde a été estimée à vingt mille milliards de dollars américains – pourtant, aucun des responsables n’est en prison. On pourrait penser que quelqu’un aurait eu la décence d’entamer un recours collectif d’au moins dix mille milliards $ contre les individus et les organisations qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à cette catastrophe.

Qu’un système si vulnérable à la manipulation ait pu voir le jour, cela dépasse l’entendement. Cette évolution n’est pas arrivée par accident. Elle n’a pas été guidée par la mythique « main invisible » d’Adam Smith. Au contraire, depuis plus d’un siècle et demi, elle a été conçue par la main à peine visible de la famille Rothschild et ses alliés, et, depuis la Seconde Guerre mondiale, par la famille Rockefeller. Ces deux dynasties ont joint leurs forces pour exercer une influence sur de nombreux fronts, abritées derrière le voile du secret établi par le Groupe de Bilderberg.

Mise en place de la Réserve fédérale américaine

us_sealL’influence durable du cartel bancaire est incalculable. Son plus gros coup a été la création de la Réserve fédérale aux États-Unis. Les grandes banques de New York n’aimaient pas vraiment l’idée d’une concurrence réelle; par conséquent, un petit groupe s’est réuni en secret au Jekyll Island Club, un centre de villégiature privé appartenant à J. P. Morgan[2] sur l’île de Jekyll, au large des côtes de la Géorgie. Leur système, conçu par Paul M. Warburg[3], puis adopté par le Congrès, est un monopole privé, légalement autorisé, de la masse monétaire américaine, monopole exploité au bénéfice de quelques-uns sous prétexte de protéger et de promouvoir l’intérêt public.

C’est un hommage à la compétence des banquiers internationaux d’avoir pu rédiger un projet de loi, le modifier, changer son nom et faire les quelques compromis cosmétiques nécessaires pour le faire adopter par le Congrès juste avant Noël, à un moment où plusieurs représentants devaient anticiper les plaisirs des Fêtes bien plus que s’inquiéter d’exercer une diligence raisonnable. Charles Lindberg Sr. semblait être seul à saisir l’essence de ce qui se passait.

Pour dire les choses crûment, le Congrès a transféré son droit constitutionnel souverain de créer de l’argent à la garde exclusive d’un groupe de banquiers privés. L’ampleur de l’opération est sans précédent dans l’histoire du monde – les chiffres sont maintenant dans les mille milliards.

Peu après l’adoption de la loi, l’ampleur de la tragédie a commencé à être reconnue. William Jennings Bryan, qui était whip du Parti démocrate, a dit plus tard : « Dans ma longue carrière politique, la seule chose que je regrette vraiment est mon rôle dans l’adoption de la législation sur les banques et la monnaie (Federal Reserve Act de 1913) ». Seulement trois ans après l’adoption de la Loi, le président Woodrow Wilson écrivait : « Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré [dans le système de la Réserve fédérale]. La croissance de la nation, donc, et toutes nos activités sont entre les mains de quelques hommes… Nous en sommes venus à être l’un des gouvernements les plus mal dirigés, les plus complètement contrôlés et dominés dans le monde civilisé ». Pourtant, la loi n’a pas été abrogée; plus de cent ans plus tard, cette trahison a toujours force de loi. C’est à se demander ce que les représentants du peuple ont fait pour mériter leurs salaires.

Les impôts, une mesure « temporaire »

Les personnes responsables de l’escroquerie originale voyaient très loin. Ils réalisaient bien que lorsque les gouvernements futurs devraient leur emprunter de l’argent, ils auraient besoin d’un flux de revenu constant pour payer les intérêts sur leurs obligations. Ils ont donc persuadé les gouvernements d’introduire les impôts sur le revenu, d’abord comme une mesure temporaire, mais plus tard, en permanence, de sorte qu’ils seraient en mesure de remplir leurs obligations envers les détenteurs d’obligations. Durant l’exercice 2005, le total des impôts sur le revenu des particuliers aux États-Unis a atteint 927 milliards $. De ce montant, 352 milliards $, soit 38 %, ont été nécessaires uniquement pour payer les intérêts sur la dette fédérale. Le chiffre serait maintenant encore plus élevé.

bankstersLes banksters[4], comme on les appelle souvent, ont alors décidé qu’une presse indépendante pourrait découvrir le subterfuge. Ces paroles d’Oscar Callaway sont citées dans le Congressional Record du 9 février 1917 :

« En mars 1915, des représentants influents de J. P. Morgan, de l’acier, de la construction navale, de la poudre et de leurs organisations subsidiaires, ont réuni 12 hommes bien placés dans le monde de la presse et leur ont demandé de sélectionner les journaux les plus influents aux États-Unis, et de déterminer le nombre de journaux nécessaire pour contrôler la politique éditoriale de la presse quotidienne des États-Unis dans son ensemble… Ils ont déterminé qu’il suffisait de prendre le contrôle de 25 des plus grands journaux. Ces 25 publications ont été identifiées; des émissaires ont été envoyés pour acheter la politique, nationale et internationale, de ces journaux; … Un éditeur a été fourni à chacun de ces journaux pour superviser et modifier adéquatement les informations concernant les préparatifs de guerre, la militarisation, les politiques financières, et d’autres points d’intérêt national et international jugés essentiels aux intérêts des acheteurs [et supprimer] toute opposition à la volonté de l’intérêt servi. »

Trois sujets tabous

Il a été suggéré que le Groupe de Bilderberg s’est inspiré de Morgan pour protéger ses intérêts à la fin du 20e et au début du 21e siècle. C’est impossible à prouver parce que ses membres sont tenus au secret, et la presse ne couvre pas ses réunions. Serait-ce une simple coïncidence que le système monétaire, les dessous de la mondialisation et le secret entourant depuis plusieurs décennies la présence extraterrestre et sa technologie (en particulier des sources d’énergie propres qui auraient une incidence sur la valeur des stocks de pétrole), les trois sujets ayant une influence la plus directe sur les intérêts des banksters, sont les trois sujets qui sont évités comme la peste par la presse grand public?

Je ne suis pas prêt à aller aussi loin que de dire que les hommes qui sont derrière le système bancaire international sont des gens foncièrement mauvais, puisque leurs pensées demeurent secrètes. Toutefois, Sir Josiah, plus tard baron Stamp, un ancien directeur de la Banque d’Angleterre, nous a donné un rare aperçu de la vérité :

Sir-Josiah-Stamp« Les banques ont été conçues dans l’iniquité et sont nées dans le péché. Les banquiers possèdent la terre. Vous pouvez la leur enlever, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent, et d’un coup de plume, ils créeront assez d’argent pour l’acheter à nouveau. Cependant, retirez-leur ce pouvoir et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront, comme elles devraient disparaître, car le monde serait ainsi meilleur et plus heureux. Mais si vous souhaitez rester les esclaves des banquiers, et payer le coût de votre propre esclavage, laissez-les continuer à créer de l’argent. »[5]

Pendant la récente crise de 2007-2008, la Réserve fédérale a agi rapidement pour empêcher la pyramide de Ponzi de s’effondrer complètement. Elle a imprimé des milliers de milliards de dollars pour renflouer les banques et quelques industries très endettées auprès des banques.

Mais qu’a fait la Réserve fédérale pour les contribuables dont l’argent a été si follement dépensé pour sauver les banques? Rien! Ils ont été laissés à eux-mêmes. Des millions de personnes ont perdu leur emploi, leur ferme, leur maison, leur espoir et leur dignité en raison de circonstances indépendantes de leur volonté. Les contribuables ont renfloué les banques, mais n’ont rien obtenu en retour.

La même chose est vraie des gouvernements qui sont venus si rapidement à la rescousse. Dans la foulée de la crise, leurs revenus ont diminué, et ils ont été forcés de créer ou d’augmenter leurs déficits, tout en entamant des coupes dans les services essentiels.

La Réserve fédérale a prétendu stimuler l’économie en réduisant les taux d’intérêt à près de zéro. Ce serait un exercice intéressant de découvrir ce qui est advenu de tout cet argent à bas prix. Ce serait un sujet intéressant à porter à l’attention du Congrès américain. Combien d’argent les banques ont-elles utilisé pour acheter des actifs nationaux et étrangers à bas prix? Cet argent a-t-il permis à des institutions financières d’accaparer les marchés mondiaux des produits alimentaires et faire augmenter les prix à un moment où des millions de gens meurent de faim?

Sans doute certains contribuables ont pu profiter des faibles taux d’intérêt, mais ont-ils été mis en garde contre la vieille tactique de « l’appât et substitution »? Toute personne qui acquiert des actifs avec de l’argent à bas prix court le risque de perdre sa propriété lorsque la Réserve fédérale relèvera finalement les taux d’intérêt. Tout cela fait partie du cycle de surchauffe inhérent à notre système monétaire infiniment stupide.

La profession économique

Qu’est-ce que tout cela nous révèle au sujet de la science économique? Il serait peu approprié d’imprimer la réponse. Quelqu’un a dit que si vous mettez 20 économistes dans une pièce, vous obtiendrez 21 avis différents.

Cela ne reflète pas mon expérience. Si vous rassemblez vingt économistes, ils sont susceptibles de vous donner une réponse toute faite, tout au plus deux. Et s’il y a un dissident, il ou elle est susceptible d’être noyé par les 19 autres, qui répéteront comme une volée de perroquets les paroles mémorisées de ce que leurs professeurs leur ont appris.

J’ai personnellement été témoin de ce comportement mimétique. Lorsque j’ai été élu à la Chambre des communes en 1949, il y avait seulement une poignée d’économistes keynésiens à Ottawa. Vingt ans plus tard, presque tout le monde avait adopté les théories keynésiennes, même Richard Nixon me dit-on.

À cette époque, il n’y avait que quelques monétaristes. Mais ils se propagent comme des champignons, et ils ont bientôt dominé le paysage économique. Keynes a fini par devenir anathème, et il est devenu presque impossible d’obtenir un poste d’enseignement permanent dans une faculté d’économie si vous n’étiez pas un adepte de la révolution monétariste de Milton Friedman.

Apparemment, on s’est peu ou pas arrêté à se demander si Keynes ou Friedman avaient raison. Le premier était un peu plus près de la réalité que l’autre, mais les deux théories ont sombré sur les rochers d’une vérité incontournable. Tous deux supposaient que le système économique s’ajuste de lui-même, alors que plus de deux siècles d’expérience ont clairement démontré que ce n’est pas le cas! Quelqu’un doit être à la barre pour éviter les hauts-fonds et les rochers des désastres économiques, et cette personne doit être responsable envers la population, et non envers les intérêts financiers égoïstes.

Espoir mondial

Si vous avez l’impression que le monde va tout en droit en enfer son petit panier à la main, vous m’avez bien compris. Mais il peut en être autrement. Il existe des solutions, mais elles impliquent des changements radicaux dans les domaines examinés – et à l’heure actuelle, ces solutions n’apparaissent même pas sur le radar politique. Il y a une lumière au bout du tunnel – mais, comme l’a dit Sir John Quinton, un ancien président de la Banque Barclay, « Les banquiers considèrent parfois les politiciens comme des gens qui, quand ils voient la lumière au bout du tunnel, décident de faire construire un autre bout de tunnel ».

Ce dont il est vraiment question consiste à restaurer la démocratie dans les pays qui prétendent seulement la respecter et qui s’enorgueillissent de l’exporter, même s’ils ne sont pas vraiment une démocratie telle que définie dans le dictionnaire. Dans le Webster, cela est défini comme un « gouvernement où le pouvoir suprême appartient au peuple qui l’exerce directement ou par l’entremise de représentants élus ». Pour commencer, Wall Street a été la puissance dominante aux États-Unis depuis des décennies, et l’est encore. Ajouter à cela le fait que le commandant en chef des forces armées, le Président des États-Unis, n’a pas la cote de sécurité nécessaire pour un certain nombre de projets contrôlés par les troupes sous son commandement, et vous devez conclure que les États-Unis ne sont pas vraiment une démocratie.

La même chose s’avère pour le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la myriade de pays qui sont effectivement des marionnettes du système financier international. Immanquablement, les intérêts réels des citoyens électeurs sont assujettis aux impératifs de la finance internationale.

benjamin-franklinC’est une triste ironie quand on lit l’histoire américaine prérévolutionnaire et révolutionnaire. Les historiens attribuent souvent la cause de la révolution à la taxe sur le thé. Par contre, « [Benjamin] Franklin a mentionné les restrictions sur le papier-monnaie comme l’une des principales causes de l’aliénation des provinces de l’Amérique à l’égard de la mère patrie. » Les États-Unis ont remporté la guerre révolutionnaire, mais ils ont ensuite perdu la suivante, encore plus importante, en adoptant le système bancaire britannique au lieu de poursuivre le meilleur modèle dont les provinces avaient fait l’expérience.

Que les États-Unis imposent aujourd’hui le modèle britannique un peu partout dans le monde, en utilisant le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour en imposer l’application, cela se compare à l’édit du roi qui a donné naissance aux États-Unis. Les chaînes de l’oppression financière doivent donc être rompues, et la liberté restaurée pour les citoyens du monde entier.

Il est temps d’oublier le tea party[6] et d’aborder les questions essentielles auxquelles sont confrontés les États-Unis et le monde dans son ensemble. Ces questions sont non-partisane, par définition, et méritent l’attention et le soutien de tous les véritables patriotes sans distinction de race, de couleur, de religion ou d’appartenance politique – aux États-Unis comme partout dans le monde. Nous devons nous unir pour préserver et améliorer ce merveilleux satellite qui nous revient de plein droit.

– Paul Hellyer, février 2011

Traduit par Henri Thibodeau avec la permission de l’auteur.


Notes

[1] Symbole de la livre britannique.

[2] John Pierpont Morgan (1837-1913), dit J. P. Morgan, était un financier et un banquier américain.

[3] Paul Moritz Warburg (1868-1932) était un banquier américain d’origine allemande, surtout connu pour son rôle dans la création de la Réserve fédérale des États-Unis.

[4] Jeu de mot rapprochant le terme banker (banquier) du terme gangster.

[5] Cette citation est généralement attribuée à Sir Josiah Stamp, directeur de la Banque d’Angleterre dans les années 20; toutefois, l’origine de cette citation n’a jamais été confirmée.

[6] Le Boston Tea Party fut une révolte politique à Boston, la capitale de la Province de la baie du Massachusetts, contre le Parlement britannique en 1773.


Commentaires reçus sur cet article

« Texte très intéressant. J’avais entendu parler d’environ 80 % du contenu de l’article. C’est impressionnant et en même temps décourageant et affreux de constater l’étendue des ramifications du système bancaire mondial. Mais peu importe, je crois que 99 % de la population ne veut pas le savoir puisqu’ils sont trop occupés à regarder La Voix en même temps qu’ils consultent leur profil Facebook sur leur téléphone… » — P.B.

« Bon article. Je crois que les compagnies d’assurances sont probablement dans un bateau semblable! » — S.M.

« Merci Henri, on a déjà des doutes sur tout cela. Mais ici on explique assez bien, qu’est-ce qu’il y a en dessous de ça! Moi je ne suis pas un spécialiste, mais je disais souvent “le peuple est pris en otage”. » — H.D.

« Ce qui m’étonne, ce n’est pas tant le contenu de l’article, qui a été raconté de différentes façons par différents organismes ou individus, mais c’est l’étonnement même des gens qui semblent découvrir ces choses. Un résumé de ces pratiques pourrait simplement se lire “la loi du plus fort”. » — G.B.

“I am delighted that you are getting a positive response to the “Global Fraud: Global Hope” speech. Apparently it was one of my better efforts.” — Paul Hellyer

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2 Responses to Le système financier mondial est une fraude absolue

  1. dlandelle says:

    Tout à fait d’accord, mais réformer tout cela ne servirait à rien.

    Car l’escroquerie fondamentale qui autorise la présente est le secret bancaire.

    Sans créer le moindre argent, et dans intérêt, le simple secret bancaire permet déjà de devenir rapidement maître du monde.

    Vous connaissez le Monopoly ?
    Les enfants acceptent-ils de jouer avec le carton caché sous la table ?
    Le monde entier des adultes joue avec la banque cachée sous la table, et se fait plumer.

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  2. thetruthisstrangerthanfiction says:

    “Le système financier mondial est une fraude absolue. C’est une gargantuesque escroquerie à la Ponzi, à peine différente de celle utilisée par Bernie Madoff pour escroquer ses amis et voisins, et des milliers de fois pire si vous additionnez le nombre de victimes qui en ont souffert au fil d’innombrables générations.”

    Exactement!

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